
(disruptive, basée sur l'invention, créant des inégalités mais changeant la vie, comme Internet) et la croissance (harmonieuse, basée sur une meilleure allocation des ressources et le commerce, comme...
(disruptive, basée sur l'invention, créant des inégalités mais changeant la vie, comme Internet) et la croissance
(harmonieuse, basée sur une meilleure allocation des ressources et le commerce, comme les Trente Glorieuses ou le développement des infrastructures).
L'échange commence par une présentation informelle des interlocuteurs, mettant en avant leurs parcours contrastés (un "corsaire" indépendant et un diplomate de carrière) et la richesse du dialogue entre expériences vécues différemment sur une même période historique. La conversation déplore ensuite le manque de respect pour l'expertise dans certains médias contemporains, où des interviewers peu préparés cherchent plus la polémique que la compréhension d'un parcours.
Le cœur du sujet est une leçon d'économie distinguant deux moteurs de la croissance. La croissance
, du nom de l'économiste Joseph Schumpeter, est disruptive. Elle naît d'inventions de rupture (la machine à vapeur, Internet) qui créent de nouveaux secteurs mais en détruisent d'anciens, générant d'importantes disparités de revenus et des troubles sociaux. À l'inverse, la croissance
, inspirée de David Ricardo, est harmonieuse. Elle provient d'une meilleure allocation des ressources, du développement du commerce et des infrastructures (routes, ponts), améliorant le niveau de vie général sans destruction massive d'emplois, à l'image des "Trente Glorieuses".
L'intervenant principal développe ensuite sa thèse à l'aide d'une analyse graphique des marchés boursiers depuis les années 1990. Il montre une alternance de cycles où les investisseurs se tournent soit vers la croissance schumpétérienne américaine (comme pendant le boom d'Internet), soit vers la croissance ricardienne chinoise (comme après son entrée à l'OMC, marquée par des investissements massifs en infrastructures). Selon lui, les conditions sont aujourd'hui réunies pour un nouveau boom de croissance ricardienne en Asie, porté par l'Inde et la Chine.
Ce mouvement serait accéléré par un changement géopolitique majeur : l'affaiblissement de l'hégémonie du dollar américain dans les échanges commerciaux asiatiques. Le développement de systèmes de paiement alternatifs entre banques centrales (comme les accords de swap) réduirait la dépendance au dollar et au réseau SWIFT, facilitant ainsi les écommerce intra-régionaux et créant un environnement propice à une croissance de type ricardien. Il conclut par une analogie historique, comparant cette dynamique à la renaissance du commerce en Europe médiévale, qui reprit grâce à la reconstruction d'infrastructures (ponts) et à l'établissement de zones de sécurité et de foires commerciales après la chute de l'Empire romain.